Portrait d’artiste – Marie-Lyne Costantini

EXPOSITION MAISON DU CYGNE – CENTRE D’ART

“QUINZE ANS D’AVENTURES PLASTIQUES”
Colette CHAUVIN, Serge PLAGNOL, Marie-Lyne COSTANTINI, Isabelle SICRE, Nancy VUYLSTEKE DE LAPS et Nicolas LAVARENNE

Inauguration le samedi 19 novembre 2016 à 11 heures

PORTRAIT DE MARIE-LYNE COSTANTINI

«SUPPEDANEUM(S)»

Suppedaneum scabellum : marchepied, scabellum étant à la fois un escabeau et un instrument de musique composé d’une semelle de bois dans laquelle était insérée une semelle vibrante que le joueur de flûte faisait résonner par intervalles (pes, en latin étant le pied).
Quoique Marie-Lyne Costantini brouille les pistes, que son étymologique escabeau pour pied c’est-à-dire un marchepied soit devenu signe personnel, signifiant-maître pour cette période de son oeuvre tout au moins……
Marie-Lyne elle même parle de ce travail comme d’un espace de creusement où des manques seront produits, des pertes , au sein de structures emblématiques, ce sein-là permettant l’intériorité du sacré. Le profane, comme on sait, se tient devant le temple, à l’extérieur.
Qu’il s’agisse de la Passion du Christ devient secondaire, toute référence à une quelconque histoire disparaît, par contre fait irruption de manière bouleversante, dans nos sens, la «texture» de la souffrance en tant qu’elle est atteinte du corps……..La couleur alors n’est plus naturelle, elle devient l’effet d’une oxydation, d’un pourrissement, une couleur qui «tourne » comme dans les fermentations……ce qui donne ces irrégularités aléatoires, ce caractère humoral pour Christophe Cadu-Narquet et Patrick Lhot…..
Les jus sont saisis sans leur réalité, un au delà de l’expression, une mise, non pas au tombeau, mais en évidence, de l’absence. Faire voir l’absence, du corps,…. laisse à sa place un objet, inanimé, que son marchepied, son piédestal, a tenu un instant au dessus du néant, pause inévitable dans ce théâtre mythique. C’est une forme de station. Artaud parlait ainsi d’un pèse lettres, «station au-dessus de tout dans l’azur». La pesée des âmes. Ailleurs des corps désanthropomorphisés, et «lavés, comme après le déluge», ou des sarcophages, vides, boites incapables de rien retenir……Marie-Lyne fait exploser un volcan de vie, à soumettre à nos regards, telles des vanités vert-de-grisées, oxydations de la mort elle même…..elle sait faire de ses épaisseurs barbares, des »semelles vibrantes »
France Delville De La Salle. (1942-2014) Ecrivain, Critique d’art, Psychanalyste.

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