BATTERIE DU CAP NÈGRE-CENTRE MUSÉOLOGIQUE

Machines de mer…
La photographie s’est longtemps montrée prudente dans son approche de l’eau, en particulier lorsqu’il s’agit de grandes étendues. Sans être aussi insaisissable que le vent, la mer a en effet toujours résisté à l’inévitable réduction qu’implique sa représentation.
La peur du pittoresque a souvent éloigné la création contemporaine de la mer.
La photographie contemporaine a donc approché ce si complexe sujet en insistant davantage sur sa plasticité, en assumant l’impossibilité de la saisir dans l’ensemble de son essence. Fragments, échos, visions fugaces ou métaphysiques alternent ainsi avec une interrogation sur la matérialité de l’eau.
Machines, chantiers, ports, bateaux de guerre ou navires marchands ont au contraire fasciné très tôt les artistes, en particulier les photographes, par la modernité et le mouvement qu’ils symbolisaient .
Ce très beau lieu d’architecture militaire tourné vers la mer qu’est la batterie du Cap Nègre offre une occasion particulière de proposer au regard des visiteurs une approche renouvelée des rapports entre la photographie contemporaine et la mer.
Jacqueline Salmon livre ici des images de construction navale desquelles l’homme est absent pour ne laisser contempler que des espaces architecturaux, des vides dont la puissance d’évocation semble seule capable de résister à l’immensité marine.
Le contraste entre la matérialité brute d’un bassin de carénage et l’immatérialité de l’élément dans lequel se trouvera le bateau font écho aux objets de construction, tonneaux en fer, boules de flottaison, anneaux d’accrochage.
L’homme n’est ici présent qu’à travers les machines, la mer n’est présente qu’à travers la destination des objets construits.
Au sous-sol, couleur et lumière reviennent enfin, immédiatement contestées par le mystérieux sous-marin de Raoul Hebreard dont les flots s’inscrivent dans une modernité ambiguë, comme déjà effacée, dépassée. A ce sombre bâtiment répondent les immobiles cargos de Stéphane Couturier au milieu de la mer sans ciel.
Guerre et commerce écrivent ainsi l’histoire de la Méditerranée.
Face à ces sombres avenirs, Jacqueline Salmon reprend son long dialogue avec William Turner à travers un ciel interminable balayé par le vent, frère jumeau de la mer, qui nous offre un monde duquel l’homme et la machine ont disparu. Nicolas Desplats semble alors essayer de retenir, dans une tentative utopique, les îles du littoral méditerranéen afin de les protéger de la disparition. Mais ces pots sont comme des boîtes de Pandore qu’il ne faudrait jamais ouvrir sous peine de voir s’échapper la poésie qu’elles contiennent.
Cette promesse, jalousement conservée, nous offre peut être une espérance nouvelle…


Ricardo Vazquez
Conservateur en chef du patrimoine
Directeur de la programmation de l’HDA Var

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« Dis Manibus »

du 14 au 30 juin 2019

« DIS MANIBUS – La mort dans le Var Antique »

Pour la dixième édition des Journées Nationales de l’Archéologie (JNA), le Pôle Arts Plastiques de Six-Fours-les-Plages propose en partenariat avec le Centre Archéologique du Var (CAV), une exposition intitulée « Dis Manibus, la mort dans le Var Antique », du 14 au 30 juin.

Les Journées Nationales de l’Archéologie sont pilotées par l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap), sous l’égide du Ministère de la Culture.

L’INRAP est le seul opérateur public compétent sur l’ensemble du territoire et pour toutes les périodes, de la préhistoire à nos jours, dont le rôle est de sauvegarder par l’étude, le patrimoine archéologique touché par les opérations d’aménagement du territoire. L’institut contribue au développement de la connaissance archéologique et en assure la diffusion auprès des publics. Il organise de nombreuses opérations de valorisation, le plus souvent en collaboration avec les aménageurs sous formes de chantiers ouverts au public, d’expositions, de publications, de productions audiovisuelles, de colloques …

Le CAV est une association régie par la loi 1901, basée à Toulon. Elle œuvre à la préservation et à la valorisation du patrimoine archéologique du département du Var et, plus généralement, de la région PACA.

Fondé en 1957 à la demande de l’État (Direction des Antiquités Préhistoriques et Historiques de Provence) sous le nom de Centre de Documentation Archéologique du Var, le CAV a réalisé, au cours des cinq premières décennies de son existence, un nombre élevé d’opérations de terrain qui ont permis de sauver de la destruction de nombreux sites pré- et protohistoriques, antiques et médiévaux, aussi bien en contexte urbain qu’en milieu rural. Parallèlement, le travail systématique de collecte et de classement des données archéologiques a abouti, en 1999, à la publication des deux volumes de la Carte Archéologique de la Gaule pour le département du Var.

Depuis quelques années, aux cotés des opérations de recherche et d’archéologie expérimentale, une place grandissante est accordée à la diffusion des résultats de ces recherches auprès de tous les publics ainsi qu’à la sensibilisation de ces derniers à la nécessité d’étudier, de respecter et de conserver le patrimoine qui nous entoure, à travers l’organisation de conférences, d’expositions et d’ateliers à destination des scolaires.

https://centrearcheologiqueduvar.com

Afin de célébrer ces Journées Nationales de l’Archéologie, le thème retenu par le Pôle Arts Plastiques est celui de « La mort dans le Var Antique ». L’exposition placée sous le contrôle du CAV est composée de panneaux didactiques explicatifs et d’objets relatifs aux rites funéraires d’antan. Ces différents objets d’une rare conservation sont issus de fouilles mais aussi de prêts d’institutions et de particuliers. Afin de réaliser cette exposition particulièrement instructive, il a donc été fait appel au CAV présidé par Monsieur Henri RIBOT, mais également au Ministère de la Culture, à la Métropole Toulon Provence Méditerranée et à la Ville de Toulon ainsi qu’à Monsieur Gilbert GALLIANO, collectionneur. Nous tenons tout particulièrement à les remercier.