UN PEU D’HISTOIRE / PHOTOS DE LA MAISON DU CYGNE ET SES JARDINS

MAISON DU CYGNE-CENTRE D’ART

Le site est actuellement fermé pour cause de montage de la prochaine exposition, seuls les Jardins de Sculptures sont ouverts au public.

Prochaine exposition : « La Peur » avec des oeuvres de Franta, Gérard Eppelé et Pierre Pellizon (peinture, volume et dessin), du samedi 23 mars au dimanche 5 mai 2019

LA PEUR COMME ETEND’ART

La thématique de la Peur et de l’effroi a toujours jalonné l’histoire de l’art. De la représentation du

Jugement Dernier qui fut le plus illustré de tous les temps, au traitement de la condition humaine,

en passant par l’expiation sur toiles des péchés quels qu’ils soient, ce sujet récurrent, même dans

l’art contemporain, reste à jamais un terrain d’investigations artistiques des plus prolifiques.

Nous avions déjà caressé ce thème, en 2011, en présentant, à la Maison du Cygne, une sélection

d’œuvres sur papier du regretté Henri LE CHENIER. Les Martyrs de Tulles, Estropiés et mendigots et Les ravages du Sida avaient été au centre de cette exposition aussi troublante que sublime. Aujourd’hui, ce sont trois amis, trois maîtres de la peinture, du dessin et de la sculpture que nous avons souhaité réunir pour la première fois afin de célébrer ensemble un événement très particulier sous l’intitulé « La Peur.»

FRANTA, EPPELE et PELLIZON sont ainsi nos hôtes. Deux générations d’artistes qui, de leurs

mains expertes, traitent de la grande tragédie humaine, sans retenue aucune et offrent à contempler des œuvres majeures dont la force ne peut qu’interroger. Le décor du paradoxe est de fait planté afin de démystifier la peinture, le dessin et la sculpture, de la singularité des corps et des êtres en errance, en souffrance. Les œuvres présentées placent la représentation de l’image parfois brutale et de la figure humaine ou animale, au cœur de la démarche. Chacun des exposants dont la renommée n’est plus à faire, développe, à sa manière, des thèmes qui croisent les interrogations fondamentales sur l’identité, l’existence, l’individu face à lui-même et face au groupe ; les rapports entre les êtres, la réalité de la souffrance, la survie, la présence de la mort… Le tout, dans une exécution remarquable de maîtrise.

La nécessité intérieure que devrait représenter l’art dans tous ses états – et non l’art pour l’art –

renvoie inéluctablement à la notion d’autonomie de l’art et aux seuls critères artistiques qui fondent

la valeur réelle de l’œuvre. Pour autant, il paraît naturel de penser que l’art doit embellir la vie des

hommes et apporter par là même, un semblant de consolation, voire de déculpabilisation.

Et pourtant ! Notre conscience appelle au trouble de l’esprit dès lors que nous nous interrogeons

sur le mérite et l’intérêt de l’œuvre ; et dans ces cas présents, sur son aspect tragique et son étrangeté qui, naturellement, cadenassent la porte du doute. Avec cette exposition, forte en émotions, forte en réalisations, la peur retrouve son rôle moteur d’une création hors normes faite de sensibilité,de doutes et de douleurs, à l’image des hommes et surtout des artistes qui en sont les auteurs.

Dominique BAVIERA

 

FRANTA

Vit et travaille à Vence

L’humanité est au centre de l’art de Franta et de son geste créateur.

Curieux et prêt à s’engager, il revendique sa liberté en refusant de s’inscrire dans les modes. L’homme, sa nudité, sa fragilité, cette enveloppe d’énergie créative et destructive, le fascine. Il a ce besoin inconscient de questionner cette terrible réalité, de partager cette inquiétude devant le futur, devant la violence de notre système. La condition humaine devient « le tourment majeur de Franta » d’après Thomas Messer, directeur du Musée Guggenheim, New-York. Aussi bien dans les toiles des années 60 où l’homme fait face aux rouages de l’organisation technicienne, que dans son travail suscité par la rencontre

avec l’Afrique Noire.

Gérard EPPELÉ

Vit et travaille en Arles

Mémoire d’atelier

Le nœud du tragique est à la marge de ma peinture. Elle s’orne de récits et de thèmes qui révèlent la transcendance imaginale et le retournement vers soi.

Ma peinture a cette détermination de se hisser hors de l’impudique désespoir pour mieux susciter la clarté de l’être, car la singularité de l’homme s’ordonne dans une matérialité picturale et malgré sa traduction intuitive ; elle ne trahit pas son destin.

Ma peinture dévoile une vision de l’homme fragmentée. Elle présente un personnage archétypal né du tréfonds de mon inconscient qui sert d’alibi à mon identité.

Cela me permet de mener une interrogation sur la question existentielle.

Pour le regardeur, s’introduire dans cet univers demande humilité et appétence ; et c’est là que se joue “ l’effet – miroir. ” La peinture devient le révélateur de la conscience et du sentiment imaginal du spectateur. L’imaginaire du peintre est vulnérable, à l’image de sa vie. Ma peinture est bien close, bien enfermée sur elle-même. Ce repli est nécessaire pour dévoiler les arcanes de mes personnages. Elle est la divulgation angoissante de la trahison humaine.

Eppelé

Pierre PELLIZON

Vit et travaille à Cabriès

Pourquoi toujours expliquer son travail, sa « démarche » artistique ?

Demande-t-on à un écrivain de faire une sculpture pour présenter son livre ?

Non !

Le silence me convient, il fait partie de mon travail.

Les mots pourraient troubler la perception des sculptures.

Je m’exprime avec la matière ; et ce n’est pas si simple…

Qu’importe pourquoi, comment et même qui le fait.

Alors,

regarder

inspirer

souffler…!

Pierre Pellizon

Poème de Jean VERDURE

(extrait du recueil « Toujours ce fut ainsi »)

Ne devenir rien ni personne, aller nulle part où l’on s’entendra vivre.

Entrer dans son être et se taire.

Effacer l’écho de ce silence hurlé.