BATTERIE DU CAP NÈGRE-CENTRE MUSÉOLOGIQUE

Dialogue autour de l’artiste en présence de Françoise Darlington, fille de l’artiste et de Michèle Gorenc, biographe.
samedi 5 octobre à 15H

Pierre Deval a trouvé dans la peinture le bonheur de vivre en artiste discret. Pourtant, à l’orée de la guerre de 1914-18, il partage avec René Clair ses enthousiasmes d’adolescent. Au début des années vingt, à Paris, il participe à l’aventure Dada avec Breton, Tzara, Aragon et Jacques Rigaut, son ami. À Lyon, il dirige une revue littéraire avec Jean Epstein. Une de ses huiles envoyée au Salon d’Automne, Ariane, achetée par l’État, est exposée au Jeu de Paume. En 1923, pensionnaire de la Villa Abd-el-Tif à Alger, il se lie d’amitié avec Albert Marquet. À son retour, il expose à la Biennale de Venise et fréquente les Fauves sur la Côte d’Azur : Matisse, Manguin, Camoin, Jean Puy, Othon Friez. À partir de 1925, la lumière du Midi le retient à La Valette, au domaine d’Orvès où il accueille ses amis peintres, critiques, éditeurs d’art ou écrivains comme Jean Launois, Henri Bosco, Pierre-Jean Jouve…
Un dialogue s’instaure avec le lieu. Délaissant les milieux artistiques, prenant pour cadre sa bastide et ses jardins, Deval exprime son idéal dans une peinture intimiste, un univers féminin, paisible et beau. Sylphide, naïade, leur silhouette lumineuse déploie des images de jeunesse et de sensualité. Et le décor, en exaltant le charme de leur corps souple et félin, éveille des réminiscences de temps heureux. Femme au bain, mère et fille au piano, à la toilette, à la cuisine, liseuse, dormeuse, baigneuse… autant de peintures, pastels, aquarelles, plumes et pointes sèches qui chantent, mille fois recommencé, un hymne à la vie. À la pureté de la ligne, à la justesse du contour, s’ajoutent la finesse et l’élégance du coloriste : il marie les tons, les formes et les rythmes dans des accords subtils. Et, pour terminer le tableau, il ponctue l’ensemble par un détail qui personnalise et qui distingue, comme un nœud chatoyant dans les cheveux d’une fillette, un châle bayadère posé sur le dossier du fauteuil, un coussin rayé sous la nuque de l’odalisque, un voilage imprimé qui glisse au bord d’une coiffeuse.

(Michèle Gorenc – 2019)