Maison du Patrimoine-François FLOHIC

– Exposition de Michel Potier et Michel Dupart (peinture), jusqu’au dimanche 27 octobre 2019
– « Art-Thé » / Rencontre avec les artistes : samedi 12 octobre à 15h

Michel Dupart (Né à Le Mesnil-Vigot / Manche en 1940)
« Si la passion du dessin et de la peinture (mais aussi de fabriquer des objets, de bricoler, d’inventer) remonte à mon enfance, pour des raisons familiales j’ai renoncé à suivre une formation artistique. Plus sagement j’ai fait à la Sorbonne des études de lettres, esthétique et sciences de l’art, et de philosophie que j’ai enseignée jusqu’à la retraite. En revanche (est-ce une compensation ?) j’ai développé un goût d’amateur d’art. Très tôt j’ai fréquenté musées et galeries, et aussi lié amitié avec des artistes. J’ai donc fait mes « études Beaux-Arts » par une sorte de compagnonnage avec des créateurs.
Dès que j’ai disposé d’un temps libre suffisant, le travail à l’atelier m’a entièrement absorbé. J’ai pratiqué la peinture d’abord pour mieux voir et mieux comprendre les œuvres anciennes et contemporaines. Ensuite, comme sans le vouloir, le désir de cheminer par moi-même s’est imposé, mais toujours dans le doute et l’incertitude quant au résultat.
Longtemps je n’ai rien exposé. Travailler me suffisait. Et je garde une préférence pour les expositions dans un cadre non marchand (centre d’art, musée ou association). J’ai d’abord rêvé d’une peinture en très grande dimension exécutée avec des outils et matériaux de chantier, rapidement et de manière gestuelle, corporelle. En réalité, l’expérience m’a conduit vers un travail minutieux, quasi obsessionnel sur des papiers recueillis un peu partout (journaux, magazines, emballages) ou préparés à partir de blocs à dessin avec des encres, des aquarelles, des acryliques.
À ceux qui s’étonneraient, avec raison, de la variété des sujets et des manières, je répondrai que je l’assume sans réserve. La quête d’un style, d’une signature (ce qui est d’abord exigé du marché de l’art) n’a guère de sens pour moi. Je préfère que chaque sujet soit unique et appelle une recherche pour le traiter de manière appropriée, sans répétition.
Et ainsi comme à mon insu un monde singulier quoique varié se construit peut-être, en réponse à mes aspirations et à mes craintes. Une seconde vie a commencé entièrement consacrée à cette passion. »

Michel Dupart devant sa toile « Canicule »

Michel Potier (Né à Caen / Normandie en 1941)
Ancien professeur d’arts plastiques à l’université Paris-1 (Panthéon-Sorbonne) puis à l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris de 1972 à 2006, il a, parallèlement, poursuivi son activité d’artiste peintre, familier des grandes galeries tant en France qu’à l’étranger.
Peintre figuratif, ses personnages et anecdotes s’expriment avec une verve étrange et inoubliable. En digne continuateur de Queneau et Desnos qui ont fustigé la société par dérision et pirouettes intellectuelles, Potier place ses personnages dans des situations cocasses qui pervertissent les lieux communs. Ses portraits utilisent la déformation physique comme métaphore de l’idée. Ils constituent une parodie conjuratoire du pathétique humain. Chaque personnage bannit le banal. Sages ou capricieux. Ils se partagent entre un humour visuel qui magnétise les formes et les attitudes en une saga ardemment bâtie par une touche tonique et une composition audacieuse.
Installé à Sainte-Anastasie-sur-Issole dans le Centre Var, il fonde et préside l’Association « Coop’Art » qui œuvre à la promotion de l’art contemporain, par l’organisation régulière d’expositions dans la Salle Garnier de la commune, qui depuis 2018 est devenue « Centre d’Art de Sainte-Anastasie » de l’Agglomération de la Provence verte.
Illustrateur des « Fables de La Fontaine » pour la revue Dada qui se consacre à faire connaître l’art contemporain aux enfants par des recueils de chansons ou de poésies illustrés par des artistes contemporains, Michel Potier a recours à des formes d’art différentes, utilise divers techniques (gouache, acrylique, pastel) et la lithographie comme moyen d’impression.
Il s’exprime avec un talent et une humilité riches qui surprend et envoûte.

Michel Potier devant sa toile « L’heureux élu »

François FLOHIC (1920-2018)

Et ses amis Imagiers Provençaux

 
 

 

Né, en 1920, à Ploubazlanec (Côtes d’Armor), François FLOHIC s’engage, le 1er juillet 1940, dans les Forces Navales Françaises Libres. Durant la guerre, embarqué sur la corvette Roselys, il participe à l’escorte des convois de l’Atlantique jusqu’à Mourmansk, ainsi qu’au débarquement de Normandie.

Quinze ans après avoir salué, à Londres, le Général de Gaulle, il le retrouve, à l’Élysée, pour devenir son aide de camp, de 1959 à 1964.

Capitaine de frégate, il quitte cette fonction pour prendre le commandement de l’escorteur d’escadre La Bourdonnais, à Toulon, du 11 février 1964 au 11 février 1965. A l’issue de cet embarquement, il retrouve son poste d’aide de camp auprès du Général jusqu’en 1969, puis après le départ de celui-ci de l’Élysée. C’est à ce titre qu’il l’accompagne, le 10 mai 1969, dans son voyage à Baden-Baden où il rencontre le Général MASSU lors de la crise de mai 68.

Après l’échec du Référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation, il accompagne, le 10 mai 60, le Général de Gaulle dans son séjour, à Sneem, en Irlande. Le dit-séjour dure plus que prévu et se prolonge au Cashel House, à Cashel, le temps nécessaire au bon déroulement de l’élection présidentielle de Georges POMPIDOU.

Capitaine de vaisseau, il commande le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, école d’application des officiers élèves de l’École Navale, du 5 septembre 1969 au 2 septembre 1971.

Le Vice-Amiral François FLOHIC était, entre autres, Commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur et Grand-Croix de l’Ordre National du Mérite.

Il est par ailleurs l’auteur de nombreux ouvrages historiques il s’adonna avec passion, durant de très longues années, aux arts graphiques à travers le dessin, la peinture à l’huile et la gravure. Il fut notamment l’élève de Georges PALMIERI qui lui prodigua des cours afin de perfectionner sa technique.

Homme de valeur, de convictions et de mémoire, François FLOHIC était depuis l’an 2000, membre actif des « Imagiers provençaux ». Au sein de cette académie d’érudits et au fil des expositions auxquelles il a pu participer, François Flohic a su développer des amitiés profondes avec bon nombre d’artistes comme MarieMarguerite PETETIN et Claude GEMY notamment.

Considérant qu’ « un véritable artiste ne copie pas la nature mais l’interprète », il proposait une peinture très personnelle, volontairement dépouillée, libérée de toute influence et marquée de coloris vifs.

Autoportraits, paysages d’ici et d’ailleurs mais également natures mortes sont ainsi immortalisés avec une griffe bien spécifique.

Cette exposition est un retour sur une vie : « François FLOHIC, 1920-2018 ». Elle témoigne d’une existence faite de voyages, de péripéties, d’expériences, de rencontres mais aussi de bonheur, de plénitude et de satisfaction du travail accompli.

C’est à travers un parcours riche d’enseignement, qu’une trentaine de toiles de différents formats sont ainsi offertes à votre regard et votre sagacité, permettant, de fait, de découvrir le talent, trop longtemps ignoré, d’un homme aux qualités multiples et à la simplicité exemplaire.

François Flohic était résidant Six-Fournais.